Les recherches pour retrouver l'épave de l'Airbus A330 d'Air France sont entrées, lundi 15 juin, dans leur troisième semaine. La course contre la montre pour retrouver les boîtes noires du vol AF 447, qui s'est abîmé lundi 1er juin dans l'Atlantique, devrait s'intensifier car leur temps d'émission pour permettre leur localisation est, au mieux désormais, d'une quinzaine de jours.
A défaut de boîtes noires, ce sont les corps repêchés et les premières autopsies qui livrent quelques éléments aux enquêteurs. Selon la presse brésilienne, les premiers corps étaient dénudés et sans traces de brûlures, ce qui exclurait la thèse de l'explosion, et, surtout, ils n'auraient pas d'eau dans les poumons, ce qui écarterait toute thèse de noyade. Les corps devraient toutefois être soumis à une analyse aux rayons X pour éventuellement déceler des traces de débris métalliques incrustés.
Tous ces éléments plaideraient, selon les experts brésiliens, pour une dislocation de l'appareil en vol. Un raisonnement que tient Ari Germano, ex-pilote brésilien reconverti comme spécialiste des accidents aériens. Dans un entretien au quotidien O Globo du samedi 13 juin, l'ancien pilote, rapporte l'AFP, s'est déclaré "impressionné par au moins une des photos" diffusées vendredi 12 juin par les forces aériennes brésiliennes (FAB).
Selon M. Germano, l'image indiquerait que les passagers de l'Airbus ont été "pris de surprise" et que la tragédie s'est déroulée si vite que l'équipage n'a pas eu le temps de réagir. "J'ai vu la paroi qui sépare le galley - l'endroit où se trouve l'équipage pour préparer les repas - et le compartiment des passagers. Des fauteuils y étaient fixés, a déclaré M. Germano. Ce qui est curieux, c'est que ces fauteuils doubles, utilisés exclusivement par l'équipage, étaient repliés. Ils sont bien plus fins que ceux des passagers et sur les photos on voit les ceintures de sécurité qui pendent. Cela suggère que l'équipage circulait dans les couloirs de l'avion. En cas de signal d'alerte ou de l'imminence d'un risque quelconque, l'équipage serait resté assis à sa place."
Dimanche 14 juin, EADS, la maison mère du constructeur aéronautique Airbus, a appelé à la prudence. "C'est la convergence de différentes causes qui occasionne un tel accident", a déclaré Louis Gallois, président exécutif d'EADS, à la veille de l'ouverture du Salon aéronautique du Bourget. "Nous ne savons pas si les tubes Pitot (les sondes qui permettent de mesurer la vitesse en vol> ont joué un rôle dans l'accident, personne ne le sait", a ajouté M. Gallois.
Air France, comme le Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA) chargé de l'enquête, refuse de faire un lien entre le crash et les sondes Pitot. La compagnie a néanmoins accéléré leur remplacement sur ses Airbus A330-A340, sous la pression des pilotes et après plusieurs incidents survenus en 2008 liés à un dysfonctionnement de ces sondes (Le Monde du 8 juin).
François Bostnavaron
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